Tchad : La Nouvelle Constitution Augmente Les Pouvoirs D’Idriss Déby

Les députés tchadiens ont adopté lundi une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel et renforçant les pouvoirs du président Idriss Déby, lors d’un scrutin boycotté par l’opposition qui a tenté de manifester devant le parlement entouré d’un important dispositif de sécurité. L’Assemblée nationale a voté le projet de Constitution par 132 voix pour, 2 contre. Il n’y a pas eu d’abstention.
La route menant au parlement était quadrillée par les forces de l’ordre. Et une forte présence policière était visible aux abords de l’Assemblée nationale à N’Djamena, l’opposition et plusieurs organisations de la société civile étaient appelées à manifester dans la matinée, a rapporté à l’AFP, Tchindebbé Patalle, le porte-parole de l’UNDR
La majorité des 33 députés de l’opposition, sur les 170 que compte l’Assemblée, ont boycotté le scrutin pour protester contre l’adoption du projet de révision constitutionnelle par voie parlementaire. L’opposition, les organisations de la société civile et l’église catholique avaient demandé qu’il soit adopté par référendum.
Le texte prévoit que le mandat du président passera à 6 ans, renouvelable une fois, contre 5 ans renouvelable indéfiniment actuellement. Idriss Déby, 65 ans, en est à son cinquième mandat, qui doit s’achever en août 2021. Cette limitation ne convainc pas l’opposition, qui relève qu’Idriss Déby pourrait tout de même rester au pouvoir jusqu’en 2033.

Déby « seul » aux commandes

Les ministres, nommés par le président, prêteront serment devant celui-ci qui pourra aussi « déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres ». « Plus qu’il ne l’était déjà, Déby sera seul aux commandes », estime l’un des principaux partis d’opposition, l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR). Dénonçant un « vote quasi mécanique » au parlement, l’UNDR avait appelé samedi les Tchadiens à protester.
Deux militants de la Convention tchadienne pour la défense des droits de l’Homme (CTDDH), qui « voulaient faire un sit-in à l’Assemblée » ont été arrêtés, a déclaré son président, Mahamat Nour Ibedou, à l’AFP. Ils ont été libérés en fin de journée.
Pour la conférence épiscopale, l’adoption du projet de révision constitutionnelle par l’Assemblée « risque de fausser gravement les règles du jeu démocratique », dans la mesure où le pouvoir y dispose d’une écrasante majorité.

Rédacteur :                    Jean Didier B

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