Présidentiel Au Cameroun : Deux Opposants S’unissent Pour Contrer Biya Paul

Deux candidats de l’opposition se sont coalisés contre le président du Cameroun, Paul Biya. Au pouvoir depuis 1982, ce dernier brigue lors de l’élection de dimanche un septième mandat consécutif.

L’un des huit candidats de l’opposition, Akere Muna, a décidé de se retirer et d’apporter son soutien à un autre opposant, Maurice Kamto. C’est la première fois depuis la présidentielle de 1992 que deux opposants se liguent contre le président sortant, âgé de 85 ans.

« Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerounaise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond », a déclaré à l’AFP Hans de Marie Heungoup, chercheur au centre d’analyses International Crisis Group (ICG).

Maurice Kamto, ancien ministre délégué à la Justice entre 2004 et 2011, a fondé son parti politique en 2012. Il fait figure d’opposant de poids, selon les analystes. Avocat au barreau de Paris, il a notamment négocié avec succès pour le Cameroun le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu’île de Bakassi. Ses partisans estiment que son expérience au sein de l’appareil d’État est un atout. Ses détracteurs n’hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.

Akere Muna est l’ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International. Il était lui aussi considéré comme un opposant de poids, malgré une campagne plus timorée.

D’autres candidats à l’élection présidentielle ont évoqué l’idée d’une coalition, notamment le candidat du principal parti d’opposition Joshua Osih, sans que cela ne se concrétise pour l’heure.

Le président Biya, invisible physiquement durant la campagne hormis un meeting dans la région de l’Extrême-Nord samedi, est néanmoins omniprésent : des milliers d’affiches à son effigie ont été collées partout dans le pays depuis le début de la campagne.

Vendredi matin, le camp de Maurice Kamto a accusé le pouvoir en place de préparer une fraude en vue du scrutin de dimanche. Selon son parti, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), il y a des cas de falsification de cartes d’électeurs et des enregistrements sur les listes électorales toujours en cours alors que le processus officiel est terminé.

Le scrutin se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu, avec un conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les assauts répétés des jihadistes de Boko Haramdans la région de l’Extrême-Nord.

Alice Bakandja

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